Sens et management

De quel sens parle-t-on ?

De quel sens parle-t-on ?

Dans cette conférence donnée dans une école de management, le philosophe André Comte-Sponville nous apporte un éclairage intéressant sur la profondeur du mot « sens », très souvent utilisé par les managers et consultants

 

 

 

QUELS APPORTS SUR LA QUESTION DU SENS ?

  • DONNER UNE DIRECTION
  • PARTAGER LES RESSENTIS
  • DÉVELOPPER LES SIGNIFICATIONS

A découvrir !

La présence, trop, pas assez ou autrement ?

presence__by_grougrouA propos de présence à soi et aux autres

 Faites-vous partie de ceux qui ne perdent pas une occasion d’affirmer leur présence ou plutôt de ceux qui s’en abstiennent ?

Cette question est d’autant plus importante dans le contexte actuel de démultiplication des solutions numériques et du marketing identitaire, qu’ils soient lointains ou proches de nos quotidiens (réseaux sociaux, blog, webinar, mooc) !

Je vois ainsi, en croisant le web avec les humanités, la possibilité d’entendre autrement cette notion.

Qu’il s’agisse de présence numérique ou pas, de quoi parlons-nous exactement ?

D’un point du vue étymologique (praesens), ce terme nous renvoie davantage à l’être au devant de soi, toujours présent à quelque chose, en mouvement. Ainsi nous quitterions le monde de la présentation de soi, de l’identité figée pour allers vers celui de l’existence, se nichant à la fois au dedans et au dehors de notre personne.

Si la présence est mouvement, contrairement à une présentation, elle ne pourrait-être programmée à l’avance, répondre aux critères du monde marchand, elle se déploierait dans la rencontre.

En cela, elle est spatialisation, elle cherche à habiter pleinement l’espace, elle dialogue avec son environnement, fluctue (ni trop clair, ni trop obscur, tâtonnant entre le clair et l’obscur, elle tisse l’expérience et nous échappe).

Solliciter sa présence, c’est arriver à mettre en perspective ce qui nous touche, nous mobilise, nous importe.

Il y a donc, de façon simultanée la question de soi et d’autrui : manière de circuler et vivre ensemble dans un espace impossible à maîtriser. Lire la suite

Faut-il rentrer dans la « bonne case » ?

l-sortir-cadreA propos d’un besoin de rentrer dans la bonne case ou dans le cadre

« Je voudrais rentrer dans la bonne case », cette parole choc mais néanmoins fortement sérieuse, formulée par un patient en séance, vient questionner les évidences, les miennes comme celles des préceptes analytiques théoriquement générateurs de liberté. Rentrer dans la bonne case peut-il être un acte générateur de liberté ?

En ce pliant au besoin de ce salarié, ne serions-nous pas en train de l’instrumentaliser en l’aidant à rentrer dans le cadre ?

En s’opposant à cette demande, ne serions-nous pas en train de nier qu’il doit être une ressource rentable pour son entreprise ?

En répondant au besoin de la personne, rééduquer le « pathogène » de son comportement, les modes relationnels posant souci, ne serions nous pas en train de définir des bonnes, des mauvaises manières sans tenir compte de la spécificité de la situation ?

Ne devrions-nous pas plutôt chercher à développer la singularité d’une personne en l’aidant à être encore plus elle-même sans chercher à répondre aux exigences parfois difficiles de son environnement ?

Décidément, quelque soit l’option, cela bloque ! Lire la suite

La qualité du travail, comment la manager ?

A propos de management de la qualité du travail !

mecenat-de-competences-695x318Étude d’une situation managériale « banale »

Comme beaucoup de managers, Laurent évalue la qualité du travail de ses collaborateurs à l’occasion de l’entretien annuel de progrès (E.A.P.).

Ancien sportif de haut niveau, adepte de la performance, il fut au commencement de sa mission, heureux de disposer d’une grille d’évaluation des compétences claire et détaillée, listant les activités menées par ses collaborateurs.

Rassuré par la présence de ce référentiel lui donnant des choses précises à faire et une vue d’ensemble sur le contenu du travail, il se sent armé. La présomption que la qualité globale du travail peut se résumer dans la bonne conduite des tâches, le tient.

Empêtré dans des dépendances de différents types, il utilisera de manière stricte la grille d’évaluation.

Dépendance relationnelle

L’outil lui a été transmis par son patron à qui il voue un attachement de longue date (ancien collègue, partenaire sportif et manager direct de son équipe), ils se situent ensemble dans la même bulle affective.

Dépendance organisationnelle :

Contenant des normes et valeurs partagées par la direction, l’outil constitue un emblème de reconnaissance d’un « bon professionnel » .

Éloignant la subjectivité, l’outil devient un idéal d’équité, principe de justice tant revendiqué dans le management.

Quelle efficacité managériale obtenue ? Lire la suite

Et après le travail, la mer pour se ressourcer !

andre kertesz

André Kertesz

A propos de son rapport à la mer, à soi !

C’est l’été, nous nous rapprochons de la mer. Attirés par la beauté des images qui s’y reflètent, la fraîcheur offerte, l’envie de se ressourcer, nous nous y glissons. Tous différemment selon l’humeur, la situation : cailloux, pied, hanche, main, tête !

Oui, se baigner, cela peut paraître évident pour une grande partie d’entre nous, inquiétant pour d’autres mais comment pouvons-nous nous baigner ?

En nous mouillant, d’accord se mouiller, et après ?

Vigilance …

La mer, source de stéréotypes, pourrait contrarier l’expérience du baigneur !

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La souffrance au travail : individuelle ou collective ?

A propos de souffrance au travail : endogène ou exogène ?

perte de repèresLa souffrance au travail est portée par la personne comme une pathologie endogène sans lien immédiat avec son milieu d’appartenance professionnelle. Que la souffrance soit prise en charge à titre personnel ou pas (consultations chez un psy ou gestion des risques psycho-sociaux), insidieuse, elle ne questionne que trop rarement les critères d’évaluation individuelle de la performance, les pratiques managériales et le déficit de coopération entre les personnes (vie d’équipe, lien de subordination, relations transverses avec la clientèle, les fournisseurs, les services supports).

Immersion dans une séance de Gestalt-Analyse :

Le patient : J’ai des angoisses … cela me serre la gorge et se répercute sur ma vie de famille, j’ai l’impression de reproduire ce que mon père nous a fait subir !

Le thérapeute : J’entends que vous faîtes un lien entre votre histoire et celle de votre père. Pouvez-vous m’en dire davantage à ce sujet ?

P : Comme mon père, mes difficultés professionnelles débordent sur le cadre familiale, je ne m’entends pas avec mon binôme, je fuis les remarques de mon patron et des clients, il y a une mauvaise ambiance, un peu chacun pour soi, c’est ce que j’ai expliqué à l’inspection du travail.

T : Je pense à deux orientations que nous pourrions prendre dans notre échange et je ne sais pas encore laquelle choisir : la manière dont vous vivez votre travail et la comparaison avec votre passé, votre père. Que ressentez-vous quand je vous dis cela ?

P : Je me dis que c’est déjà bien d’avoir un travail, mon patron est sympa de m’avoir embauché, il m’a même mis dans la liste des trois personnes potentielles pour le poste de manager. Lire la suite